
Cette image d'Epinal d'une Chine fermée sans liberté d'expression dont on nous rabat les oreilles comme pour rassurer les pékins français, fond comme neige au soleil. En tous cas, en ce qui concerne l'art contemporain. Certains ont enlevé leurs oeillères comme en témoignent les nombreuses résidences d'artistes (merci la Mij') français présentes en Chine.
Vous trouverez à Shanghai plus d'artistes militants que dans les QG de bobos parisiens. Les ateliers et galeries d'artistes se multiplient et l'art contemporain chinois affiche des prix comparables à ceux pratiqués en occident.
Les jeunes chinois savent bien quelle image les français ont d'eux en 2007: une Chine des années 80 où pauvreté et obeissance étaient les deux mamelles du régime. Désormais, les anciennes usines désafectées de Moganshan Road sont aménagées pour accueillir des artistes chinois à l'imagination débridée, aimant tourner en dérision Mao, le régime, le drapeau, la société de consommation, la culture de la réussite.
Voici un tour d'horizon de l'art contemporain exposé à Shanghai, au gré des galeries visitées.



5 commentaires:
Attention à ne pas tomber non plus dans l'excès inverse. La critique de Mao est une chose, la critique du régime est limitée, et on attend toujours de voir des oeuvres tournant autour du printemps 1989 si tu vois ce que je veux dire. De même, les oeuvres autour de nos amis les migrants sont... rares, et pas forcément très appréciées. Difficile l'art moderne ?
Je suis d'accord avec damienb. Dans mon école nous avons 3 Chinois et ils ne parlent pas de la Chine comme un paradis de développement. Là bas pas de journalisme libre sans carte du Parti. Pour la liberté de la presse on repassera, et (je ne connais pas la Chine aussi bien que toi mais) je pense que ça ne doit pas être la seule liberté bafouée...
Beaucoup d'artistes peintres français partent en résidence d'artiste en chine.Ils disent qu'on a beaucoup à apprendre d'eux.
Attention Momolle ce post ne parle pas des médias mais de l'art contemporain qui touche un public moins large et donc moins soumis au contrôle du gouvernement.
Seulement, pour avoir discuté avec 5 journalistes français présents en Chine hier soir, je crois vraiment que nous, en France, avons une vision déformée de l'état des libertés en Chine. Lorsque je lis le Daily Shanghai, je vois quand même pas mal de papiers critiquant certaines politiques sociales de la ville ou alors la corruption. Pour la télé c'est différent car il s'agit vraiment d'un organe d'etat à son service tout comme au divertissement des masses (TF1 en pire)mais beaucoup de chinois demandent le satellite et ne sont plus dupes.
De la "France donneuse-de-leçons" on ne connait pas la Chine et on se contente trop souvent de dire, "pas de liberté de la presse", pas de droits de l'homme" sans connaitre la réalité de terrain plus nuancée.
La critique de la corruption dans le Shanghai Daily en ce moment est on ne plus normale. Il faut savoir que l'ex-chef du parti à Shanghai (et gros pouvoir municipal) n'était pas en très bon termes avec Hu Jintao... qui en a eu assez, et nous avons eu droit l'an dernier à l'arrivés de dizaines d'inspecteurs dans la villa Möller (tu as du passer à côté déjà, elle est sur Shanxi Nan Lu). Au bout d'un mois à peu près, l'ex-chef a été mis en examen pour corruption (qui a dit tous pourris ?), et tout le groupe est en train de passer à la moulinette. Hu fait d'une pierre deux coups : il se débarasse d'un opposant, et il peut faire une grande publicité autour de la lutte contre la corruption. Et avec le renouvellement de l'équipe municipal, il est effectivement de bon ton d'examiner sous un regard critique ce qu'a pu faire une municipalité corrompue. Lao Zi l'a dit, de tout tu dois te méfier ;-)
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